Dès juillet 2023 mes blogs sont publiés sur le site https://global-climat.com
Publié le 18 juin 2023 sur le site du journal suisse le Temps
Le mois de juin a débuté par des températures planétaires élevées. Sa première moitié était la plus chaude depuis le début des mesures. Nous avons momentanément dépassé le seuil de 1.5°C, et le chaleur continuera probablement dans les semaines suivantes (citation dans indiatimes).
La limite de sécurité de 1.5°C établie par le GIEC est une moyenne décennale. Elle a déjà été franchie quelques fois de façon ponctuelle. Copernicus cite notamment le mois de décembre 2015 ainsi qu’en février et mars 2016, qui étaient une période de super-El Nino.
Au mois de mai, la surface des océans a atteint des températures record (OMM). Elle réchauffe directement l’air au-dessus de l’eau, ce qui explique les températures élevées que la Terre subit actuellement.
Les températures extrêmes ont provoqué d’immenses feux de forêt au Canada. En Colombie britannique, il faisait trente degrés, dix de plus que la moyenne de cette période de l’année. Les brasiers avaient dévasté 4.4 millions d’hectares avant le 9 juin, une superficie quinze fois plus élevée que la moyenne annuelle de la dernière décennie. Les images sont impressionnantes, un immense rideau de flammes s’élève à perte de vue (Reuters). Les incendies faisaient rage dans l’Est et et dans l’Ouest du Canada, alors que l’été n’avait même pas encore commencé. Ils ont probablement été provoqués par la sécheresse, la chaleur et les éclairs des orages.
Nous savons que les feux de forêt sont un danger croissant. Les arbres stabilisent le climat planétaire et les jungles tropicales souffrent déjà des sécheresses. Dans cette situation, il faut absolument protéger les arbres au Canada, réduire au maximum le déboisement d’origine humaine. Récemment encore, le Canada déboisait massivement par pulvérisation d’insecticides par hélicoptère. Il faut absolument arrêter cela. Il y aura encore des incendies, et nous devons sauvegarder assez de forêts pour notre survie.

Le Mexique, Belize et le sud des Etats-Unis subissent une forte vague de chaleur. Au Mexique, la température a dépassé 45°C (Reuters), six décès dus à la chaleur ont été enregistrés, et des centaines d’oiseaux morts ont été trouvés sur les plages. Les températures élevées des océans ont probablement fait fuir les poissons et les ont empêché de nourrir (Reuters).
Au Texas, les températures maximales annoncées sont de 44,4°C (112 F) , mais c’est une chaleur humide, plus pénible (Fox News). Plus de 35 millions de personnes sont prises dans la vague de chaleur (Reuters). La consommation d’énergie de l’air conditionné menace le réseau électrique. La température élevée de l’océan a aussi provoqué de violentes tempêtes, qui ont privé un demi-million de personnes de courant. Aussi bien la consommation effrénée d’énergie que les coupures d’air conditionné lors de vagues de chaleur dangereuses posent des graves problèmes. La production d’énergie pourrait augmenter le réchauffement et les vagues de chaleur. Le gouvernement a ouvert des ‘cooling centers’, des abris climatisés où la population peut s’abriter de la chaleur.
La Sibérie subit largement les effets du réchauffement planétaire. La carte Nasa de mai 2023 montre une chaleur exceptionnelle au Canada et en Sibérie (lien). La température de cette région boréale a dépassé 39.6°C, un chiffre exceptionnel dans cette région (CNN) . En Chine, elles ont atteint 45°C début juin. Selon le climatologue Herrera, c’est une vague de chaleur exceptionnelle qui récrira l’histoire du climat mondial (Twitter). Ces changements importants pourraient aussi pousser le GIEC à revoir encore ses prévisions à la hausse, ce qui nous permettraient de mieux anticiper les canicules futures.
Il fait aussi exceptionnellement chaud au Sahara. Cela nous paraît normal, la différence n’est pas aussi spectaculaire qu’en Sibérie, mais les températures s’approchent des limites de la survie humaine, et elles monteront encore.
Publié le 11 juin 2023 sur le site du journal suisse le Temps
Le somment climatique de Bonn a commencé la semaine passée. Selon le commentaire paru dans Nature Climate Change, il y a un consensus sur le fait qu’il y a trop de gaz carbonique (CO2) dans notre atmosphère. Les diplomates réunis à Bonn pour les pourparlers sur le climat admettent que la concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère est trop élevée. Les opinions divergent sur la façon de régler ce problème.
Même si le réchauffement est limité à 1,5°C, des millions de personnes souffriront de dramatiques vagues de chaleur, sécheresses et inondations. Au-delà de cette limite l’existence de toute l’Humanité est en jeu.
Le leader de la COP28 prévue en automne, un magnat du pétrole, déclarait récemment que la préservation du climat nécessite de retirer du CO2 de l’atmosphère, sans cela ‘climate maths don’t add up’, le total correct ne sera pas atteint (lien AFP). Son calcul inclut peut-être une consommation abondante d’énergies fossiles, mais d’autres estimations mènent à cette conclusion. J’ai personnellement été membre de l’organisation 350.org, dont le nom indique la concentration de gaz carbonique maximale compatible avec un climat stable. Or celle-ci a récemment atteint 424ppm, ou 429.81 le 8 juin 2023 au Jungfraujoch en Suisse. Elle est donc actuellement beaucoup trop élevée. J’ai décrit les risques dans plusieurs blogs passés.
Il existe trois façons de traiter ce problème, en intervenant à différents points où le CO2 est présent: arrêter de brûler des combustibles fossiles, de loin le principal moteur du réchauffement; ou, si cette consommation persiste, empêcher le carbone de polluer l’air; ou finalement éliminer le CO2 de l’atmosphère.
“Toutes les technologies, tous les leviers disponibles doivent être utilisés”, a déclaré à l’AFP Simon Stiell, le chef de l’ONU Climat, à l’ouverture des pourparlers à Bonn.
“Mais la science est très, très claire : le moyen le plus rapide et le plus efficace de nous amener là où nous devons aller est la réduction progressive et l’élimination progressive de tous les combustibles fossiles.” (lien).
Le problème peut donc être géré à trois niveaux:
- La réduction d’émissions de CO2 par: le passage aux énergies renouvelables ou d’autres solutions telles que la fermeture des usines polluantes et inutiles
- La capture de gaz carbonique dans les usines ou dans les véhicules
- La capture de carbone déjà présent dans l’air.
La première solution est de loin la plus facile et la plus efficace.
Je vais maintenant donner quelques éléments concernant le point 3, la capture du carbone déjà émis. Au vu de ce qui précède, il est évident qu’il faut se concentrer sur les réductions d’émissions, le passage aux énergies renouvelables et une optimisation de l’industrie pour réduire les productions inutiles et polluantes. La capture du carbone déjà émis est plus coûteuse et bien moins logique, mais elle sera aussi utile, et les idées dans ce domaine fourmillent.

Un espoir semble venir du coté du chocolat. Les plantes captent le CO2 de l’air, et en font de la cellulose (tiges, feuilles etc). Dans la nature, celle-ci est ensuite consommée par des animaux et des bactéries et le gaz carbonique retourne dans l’atmosphère. Mais il est possible de le bloquer à l’état solide. A Hambourg, les coques de chocolat sont transformées en biochar, sorte de charbon de bois, qui conserve le carbone pendant des centaines d’années. Le produit final peut-être utilisé comme engrais ou comme ingrédient d’un “béton” écologique. La question de la destination finale de ces résidus se posait, et son utilisation dans la construction serait une excellente idée. Les développeurs de la technologie disent qu’ils inversent le cycle de carbone (AFP). Au delà du chocolat, je pense qu’elle pourrait être utilisée à plus grande échelle sur les tiges des céréales après récolte.

Une autre solution vient des roches. Les glaciers du Groenland fondent et dévoilent une poudre de roches silicates broyée par leur course, appelée farine glaciaire. Les scientifiques ont répandu cette poudre sur des champs au Danemark. Il semble que la roche réagit avec gaz carbonique de l’air (Enhanced weathering) et en capte une partie. Elle constitue simultanément un engrais efficace qui agit mieux que les fertilisants organiques. Les chercheurs ont calculé qu’en répandant cette poudre dans tous les champs de leur pays ils pourraient compenser entièrement leurs émissions de carbone. Les glaciers du Groenland fournissent d’immenses quantités de cette poudre, l’approvisionnement semble donc facile (Université de Copenhague, Dietzen). J’aimerais quand même voir plus d’études sur l’effet de la poudre sur le sol et sur les cultures alimentaires, aussi à plus long terme. Les plantes pourraient avoir besoin d’un autre engrais après quelques années. Généralement elles sont fertilisées avec du nitrate ou de la matière organique, du compost ou du fumier. Il faut vérifier aussi l’innocuité de cette poudre pour la santé humaine.
Publié le 4 juin 2023 sur le site du journal suisse le Temps
L’ONU a annoncé la semaine passée que l’apparition du courant Pacifique El Nino est de plus en plus probable. Il élève la température mondiale, et son effet portera surtout sur 2024. Mais les huit dernières années ont déjà été les plus chaudes de l’Histoire (lien), alors cet hiver et les mois suivants dépasseront probablement les températures connues de l’Humanité au niveau planétaire. L’OMM s’attend à une sérieuse augmentation. Les catastrophes météorologiques ont provoqué plus de deux millions de morts en cinquante ans (ONU) et une importante aggravation est possible.
El Nino et la canicule en général ont des effets négatifs sur l’activité économique. Ils réduisent généralement la croissance mondiale. Les événements passés ont provoqué des pertes économiques de 4,1 et de 5,7 trillions de dollars (trillion:1012 Callahan, Gizmodo).
Les années chaudes réduisent l’activité économique dans tous les pays, tempérés aussi bien que tropicaux, à tel point que la température explique les différences mondiales de développement (Dell).
La productivité économique atteint un sommet à une température de 13°C et décroit rapidement au-dessus de ce seuil. Les activités économiques, agricoles et industrielles diminuent avec la chaleur, dans le monde entier, depuis 1960. Cette constatation a été tirée de la comparaison de la production du même pays, ou de différents Etats des Etats-Unis, lors des années chaudes et froides.
Le rendement des céréales baisse rapidement entre 20 et 30°C, et la productivité humaine décroit aussi (Burke). L’effet n’est pas linéaire mais très important. La production décroît rapidement avec la température, et baisse plus encore quand la canicule augmente.
L’effet sur l’agriculture est évident. Les cultures sont très sensibles aux conditions météorologiques, elles ont des températures de croissance optimales, elles poussent peu quand il fait froid, plus vite dans des conditions tempérées, puis cessent de croître s’il fait trop chaud. Si les conditions sont trop défavorables, certaines plantes cultivées meurent sur pied et leur rendement tombe à zéro. Les activités industrielles sont aussi freinées par la chaleur.

La baisse rapide de productivité liée à l’augmentation de température suggère que l’adaptation au changement climatique sera plus difficile que prévu. Selon cette estimation, les trois quarts des pays s’appauvriront si le réchauffement n’est pas jugulé.
Celui-ci peut amplifier les inégalités mondiales, car les pays chauds et pauvres subiront probablement la plus forte réduction de la croissance. Même une légère augmentation de température pourrait provoquer des pertes économiques beaucoup plus importantes que les estimations antérieures.
Si les sociétés continuent de fonctionner comme elles l’ont fait dans un passé récent, le changement climatique remodèlera l’économie mondiale en réduisant considérablement la production économique (Burke). Ces estimations n’incluent pas les événements catastrophiques liés aux conditions exceptionnelles.
La Banque Mondiale déclarait récemment que les prévisions de croissance des pays pauvres sont mauvaises pour ces cinq prochaines années. Leur économie sera de plus rythmée par les catastrophes et leurs conséquences.
Un El Nino moyen ou fort sur une Planète qui est déjà au-dessus 1°C provoquerait des événements météorologiques jamais vus de l’Humain, notamment des précipitations très importantes, noyant l’Amérique du Sud sous des inondations et des glissements de terrain. Les récoltes pourraient être perdues ou immobilisées par ces intempéries.
Le Nino de 1997 a provoqué des inondations au Pérou, Mexique (90 cm de pluie) et Kenya (JustHaveAThink). Cette fois, l’humidité atmosphérique et la température sont plus élevées et les pluies pourraient être plus abondantes.
L’Indonésie a subi une sécheresse extrême en 1997. L’Amazonie, et l’Inde sont généralement exposées à la sécheresse lors d’El Nino, et les températures pourraient être extrêmes. Quel niveau de chaleur attend l’Inde en 2024? Cette question est d’une importance capitale.
Le gaz carbonique accumulé dans l’atmosphère y reste des dizaines d’années. Nous savons déjà que les vingt prochaines années les catastrophes climatiques s’aggraveront, les canicules seront plus intenses, et les pluies plus abondantes. Nos inondations suisses atteindront vingt, puis cinquante centimètres d’eau dans la rue, et couvriront plusieurs quartiers, et un jour emporteront des passants. Il y aura plus de glissements de terrain et plus de routes de montagne coupées. Le niveau de danger augmentera. Nous devons arrêter cette escalade, arrêter les vagues de chaleur avant qu’elles ne deviennent mortelles en Suisse, et éliminer les émissions de carbone pour espérer une amélioration du climat. SVP, votez “OUI” à la Loi Climat et demandez (d’une façon très amusante) à vos amis de le faire.
Publié le 2 juin 2023 sur le site du journal suisse le Temps
La plus grande assurance américaine refuse désormais d’établir de nouveaux contrats (CNN, Guardian). State Farm, géant de l’assurance en Californie, a dépensé toutes les réserves constituées au cours des vingt dernières années pour indemniser ses clients victimes de récentes catastrophes et refuse de prendre plus de risques.
L’état le plus riche et le plus peuplé des Etats-Unis a subi plusieurs années de sécheresse et de nombreux feux, qui ont détruit des dizaines de milliers de maisons. Cet hiver, la Californie a aussi vu des inondations sans précédent, et l’aggravation est prévisible (blog). J’ai été étonnée que les médias américains n’énonçaient pas clairement le fait que les pluies intenses sont liées au réchauffement, et à la température élevée des océans, mais les assurances semblent savoir qu’une augmentation du nombre et de la gravité des catastrophes est prévue.
Le risque d’incendie est maintenant tel que l’assurance refuse tout nouveau contrat. L’état régule apparemment les primes et les maintient à un niveau trop bas selon leurs calculs.
Deux autres assurances américaines, dont la multinationale American International Group, ont signifié à des milliers de propriétaires Californiens que leurs assurances ne seraient pas renouvelées, selon le Wall Street Journal.
Le changement climatique augmente le risque de feux de forêts. L’année passée, en 2022, la Californie en a subi 7’490, plus que l’année précédente. Un de ces feux a détruit une centaine de villas. Le plus grand, qui a ravagé la ville de Paradise en 2018, a anéanti plus de dix mille bâtiments (NBCNews).
La région a vu des incendies record au cours des six dernières années, qui figurent parmi les plus chaudes de l’histoire. Ils font partie des plus grands et les plus meurtriers de l’Histoire des Etats-Unis.
Une étude récente établit qu’environ 40% de ces brasiers sont dus au changement climatique (Washington Post).
L’assurance incendie est généralement nécessaire pour obtenir un prêt bancaire ou une hypothèque. Leur absence fera probablement baisser les prix des maisons en Californie.
C’est une conséquence du réchauffement climatique qui sera ressentie rapidement par de nombreux particuliers. Le risque de catastrophes augmente presque partout dans le monde.
Publié le 29 mai 2023 sur le site du journal suisse le Temps
L’atmosphère est sensible à de très nombreux facteurs, et cette complexité la rend difficilement prévisible. Un météorologue a déclaré qu’un battement d’ailes de papillon au Brésil pouvait provoquer une tornade sur un autre continent. Nous avons modifié notre enveloppe gazeuse beaucoup plus qu’un papillon, nous y avons ajouté plus de 1500 gigatonnes de gaz carbonique. La partie la plus proche de la Terre, la troposphère, s’étend à 8 à 15 km au-dessus du sol. Sa température augmente, et elle s’étend vers le haut. La couche supérieure, la stratosphère, une zone d’atmosphère raréfiée, a aussi changé. Elle s’est refroidie et en conséquence a un peu rétréci. Ce phénomène est bien expliqué notamment par Futurasciences.
Je me suis posée la question des conséquences de ce changement. Pour le moment j’ai trouvé deux articles qui rapportent des effets différents. Un excellent journaliste, Robert Hunziker, qui explore comme moi les effets du réchauffement climatique sur le site counterpunch.org rapporte que l’amincissement de la stratosphère mène à des changements de températures plus brutaux près du sol, là où nous vivons. Il provoque des sauts de température soudains, tels qu’une augmentation de température de 90 Fahrenheit (50°C) en quelques jours, observée récemment. Cela amène aussi des hautes pressions persistantes qui apportent des semaines de météo extrême, de vague de chaleur, de pluie ou de froid intense.

Personnellement j’ai remarqué ces dernières années des journées où la température monte de dix à vingt degrés pendant une heure ou deux, puis redescend. Je ne me souviens pas de changements si brusques dans le passé.
D’autre part, ce changement accélère la parte d’ozone au-dessus de l’Arctique, ce qui pourrait créer un nouveau trou de la couche d’ozone.
Un autre article rapporte que l’amincissement de la stratosphère provoque une aggravation de turbulences, récemment constatée par les transports aériens. Elles sont causées par la présence de CO2 dans l’atmosphère, qui déforme la troposphère et la stratosphère. Plus fréquentes et violentes, elles ont même provoqué des blessures chez les passagers (Texas A&M University). Il y a eu notamment 36 blessés sur un vol pour Hawaï (lien) en décembre 2022, 30 blessés sur un vol Istanbul – New-York en 2019, ainsi que 10 blessés au-dessus de Bâle en 2019.
Au mois de mai 2023, l’atmosphère a eu un autre comportement inhabituel. Des changements de pression semblent avoir provoqué un petit tremblement de terre, proche du degré 2, au Danemark. Cet événement semble très peu compris actuellement.
J’ai entendu que selon les modèles physiques, notre atmosphère pourrait avoir de nombreux comportements extrêmes qui ne se produisent en général pas, et que cette stabilité était étonnante. Il a par ailleurs été montré que la végétation, stabilise le climat, la transpiration des végétaux rafraîchit les jours chauds, et ceux-ci favorisent aussi des pluies. Je me demande si cela peut contribuer à la stabilité de notre météo, et je suggère de planter énormément d’arbres dans chaque mètre carré disponible.
Nous devons prévoir des mesures en cas de vagues de chaleur soudaine et dangereuse pour la vie humaine et le bétail. Actuellement, nous sommes prévenus quelques jours à l’avance, nous devons savoir comment protéger ou évacuer les personnes fragiles, ou même toute la population en quelques jours. Il faut aussi étudier le risque d’une vague de chaleur inattendue, survenant en quelques heures.
Publié le 28 mai sur le site du journal suisse le Temps
La population de toute la Terre est frappée aujourd’hui par des catastrophes plus grandes, plus complexes et plus chères, notamment par manque de mesures adéquates. Beaucoup de ces événements sont dus au climat, et s’aggraveront probablement (UNDRR).
En particulier, les sécheresses et les feux augmentent beaucoup. L’Amérique du Sud subit une sécheresse qui dure depuis 2019, la plus longue depuis des décennies. L’Uruguay, le nord de l’Argentine et le sud du Brésil sont particulièrement touchés. La production de soja de l’Argentine est réduite de moitié, les glaciers des Andes ont perdu de 30 à 50% de leur volume (Flash News from the Disaster Risk Management Knowledge Centre, online).
Une nouvelle étude met en garde contre les sécheresses éclair (flash drought) , qui se développent très vite, en quelques semaines et menaceront progressivement toutes les régions agricoles au 21ième siècle (lien).
La chaleur s’accompagne d’immenses feux, qui ont frappé tous les continents, l’Australie en 2020 où 126’000 km2 de forêts uniques au monde sont parties en fumée, emportant des peuples d’animaux entiers (BBC, blog1, 2) l’Amazonie, ou la Sibérie. Les feux sont clairement liés à la sécheresse, et certaines régions boréales, où l’humidité avait toujours régné, se sont révélées très susceptibles. A Lytton au Canada, l’incendie s’est déclaré dans la ville lors de la monstrueuse vague de chaleur de 2021, l’été passé l’Angleterre a atteint une température de 40°C et a aussi vu de très nombreux embrasements les jours les plus chauds.
Ce printemps, ce fléau s’est abattu sur le Canada (Temps) et l’Espagne (Euronews) lors de canicules exceptionnelles.
L’Europe n’échappe pas à ce danger. L’Agence européenne Copernicus en fait l’inventaire. Leur rapport sur l’année 2021 concluait qu’il s’agissait de la deuxième année la plus touchée, et que ces catastrophes s’étaient surtout produites dans les années 2016-2021, les plus chaudes de l’Histoire. En 2021, les flammes se sont surtout attaquées à l’Italie, ainsi qu’à la Grèce, à la Turquie et au Portugal. La surface embrasée avait doublé par rapport à l’année précédente (lien).
L’année passée a vu plus de feux que la précédente. En 2022, 45 pays d’Europe ont subi ce cataclysme (Copernicus EFFIS Advance report on forest fires). Le nombre de brasiers et la surface totale ont augmenté. L’Espagne a été particulièrement éprouvée, ainsi que la Roumanie, le Portugal, la Bosnie et la France. Malheureusement les flammes se sont aussi attaquées aux zones protégées, particulièrement importantes.
En Suisse, la surface brûlée a fortement augmenté en 2022.
Cette année ce danger subsiste, l’Espagne et la France ont déjà vu de nombreux embrasements, et la surface consumée en France surpasse déjà sa moyenne annuelle.
Les incendies sont un des grands dangers des canicules. Nous verrons des feux de forêts et des départs de feux dans les villes. Une augmentation de ces catastrophes est prévue par les experts. Il faut compter avec ce danger, et prévoir beaucoup plus de surfaces forestières pour compenser celles qui seront perdues. Je propose aussi d’étudier plusieurs solutions techniques, par exemple la présence d’eau, pour juguler les immenses incendies à venir.
Publié le 21 mai 2023 sur le site du journal suisse le Temps
La mousse des forêts, de la famille des Bryophytes, est une plante archaïque, une des premières à s’être développée sur la Terre. Elle des petites feuilles, mais pas de vraies racines ni de vaisseaux qui répartiraient l’eau dans la plante. Elle colonise souvent des roches nues et ouvre la voie aux végétaux. Une nouvelle étude montre qu’elle est extrêmement utile.
Les chercheurs ont établi une carte des mousses présentes dans le monde, et comparé le fonctionnement des écosystèmes avec ou sans mousse. Les plantes profitent de la présence de ces minuscules voisins, car dans les sols couverts de mousse les nutriments sont plus présents, la décomposition de la matière organique se fait mieux. Le sol qui en est recouvert contient plus de nitrate, de phosphore et de magnésium, ce qui favorise la croissance des végétaux. Elles font circuler l’eau et contrôlent l’humidité du sol et le microclimat. Elles fixent aussi les poussières emportées par le vent.
Elles participent aussi au cycle de carbone. Les scientifiques estiment que les bryophytes présents surtout dans les forêts sont responsables du stockage de 6,45 Gt de carbone, six fois plus que les émissions annuelles de l’agriculture. C’est particulièrement notable dans les forêts boréales où abondent les mousses Sphagnum. Dans les déserts, règnent les Pottiacae (lien). Si nous perdions ces plantules, ce carbone serait émis du sol dans l’atmosphère et aggraverait le réchauffement climatique. Par contre, leur protection fixerait plus de carbone dans leur sol, comme cela devait être le cas sur la Terre du passé couverte de forêts, jonchées de vieilles souches moussues.
Une autre étude récente montre que la présence des bryophytes diminue les émissions de méthane des tourbières asséchées. Celles-ci étaient considérées comme un grand risque pour le climat, mais il s’avère que les fossés couverts de mousse émettent très peu de méthane. La présence de ces plantules favorise l’activité de bactéries méthanotrophes, qui vivent dans les mousses et consomment le méthane. Ces petits végétaux pourraient aussi secréter des composés chimiques qui limitent le développement des bactéries méthanogènes responsables de la production de ce gaz (lien). Leur présence réduit ce risque.
Les mousses survivent à un siècle de sécheresse et reprennent quand les conditions le permettent. Après une éruption volcanique, elles sont les pionnières du retour de la végétation. Les chercheurs travaillent sur la réintroduction des mousses pour régénérer des sols dégradés des villes, mais je me demande si elles supportent la pollution chimique.
Elles semblent aussi limiter les microorganismes dangereux. Le sol sous les bryophytes contient moins de pathogènes, ce qui est d’une grande utilité pour l’humanité. La diversité des mousses va de concert avec de nombreux effets chimiques et bactéricides sur le sol des forêts.
C’est un des innombrables maillons de la biosphère et nous prenons seulement conscience de son importance. La mousse retient le carbone dans le sol et provoque la croissance de bactéries bénéfiques. Elle constitue une richesse écologique qu’il faut développer. Nous pouvons favoriser sa présence en augmentant la part de réserves naturelles ou en évitant la pollution. La nature est composée de très nombreuses interactions, que nous n’appréhendons pas totalement et que nous devons sauvegarder. Cette semaine j’ai vu un autre exemple, les virus des bactéries du sol qui en influencent la prolifération et qui semblent influencés par le climat (lien). Ces bactéries elles-mêmes sont encore peu connues et c’est un nouveau niveau de complexité que nous découvrons maintenant. Respectons et protégeons la nature telle qu’elle est car nous ne la maîtrisons pas.
Publié le 19 mai 2023 sur le site du journal suisse le Temps
Le travail aujourd’hui
Une vie équilibrée implique la satisfaction des besoins corporels: manger, dormir, récupérer de la fatigue jusqu’à se sentir reposés. L’humain devrait aussi pratiquer des activités sportives, artistiques et sociales, et avoir une vie de famille. La course à la carrière professionnelle contrecarre souvent plusieurs pans de l’existence humaine normale.
Le prix à payer pour un poste prestigieux est souvent énorme: des heures de travail de plus en plus longues, jusqu’à la centaine d’heures hebdomadaires, des stages non payés, des déménagements fréquents, des produits chimiques qui améliorent leurs performances.
Les personnes qui accèdent aux postes élevés ont différentes caractéristiques. Il faut probablement des compétences réelles, du travail, de la chance, et de la débrouillardise. Certains ont de plus un diplôme d’une université prestigieuse et coûteuse, des appuis familiaux, ou de techniques carrément inavouables pour progresser dans leur carrière. L’insécurité de l’emploi est une des cause du recours à des solutions extrêmes.
François Cusset, auteur du livre ‘le déchaînement du monde‘ , remarque que “Là où la violence psychique relevait de l’exception, elle est aujourd’hui l’ordinaire. Elle n’est plus l’œuvre d’un patron sadique, elle est le rouage clé d’un système fondé sur l’accélération, la pression, la performance, la permanence de la précarité” (Libé). Dans l’éducation de mon enfant, j’ai appliqué l’idée que sans stress, l’enfant fera son activité correctement, assez soigneusement, et cela s’est vérifié. Elle était adorable, posait le verre délicatement sur la table, et le remplissait adroitement en versant l’eau d’une carafe. Elle était contente de bien le faire. Il me semble que la société va dans le sens contraire, nous sommes de plus en plus exposés à des exigences déraisonnables que nous ne pouvons pas accomplir correctement dans le respect de notre intégrité corporelle. La majorité de la population subit aujourd’hui un stress constant et certains loisirs, l’alcool, la vitesse, la drogue attirent peut-être justement des jeunes sous pression.
Dans la recherche scientifique, j’ai reçu le conseil de travailler quatorze heures par jour. Quelques années plus tard, j’ai découvert que mon frère était encouragé à travailler autant dans une organisation internationale. Les jeunes médecins suisses font plus de soixante heures par semaine, alors que le manque de sommeil augmente les risques d’erreur professionnelle (lien). La semaine est de 95 heures chez dans la finance chez Goldman and Sachs, 72 heures dans le marketing (lien BBC). Au Japon, tout employé montre un dévouement extrême au travail, rentre à la maison à minuit, ne dort en général que trois heures par nuit, alors que six heures représentent le strict minimum pour une activité cérébrale optimale. Le dimanche est en conséquence passé à rattraper le retard de sommeil. Méfiez-vous, ce même discours qui vous demande de démontrer un dévouement total est utilisé partout, et il y a surenchère, qui mène à la consommation de produits dopants.
Aujourd’hui, dans les pays développés, nous avons assez à manger. A ce niveau-là, les besoins du plus pauvre habitant du pays sont à peu près satisfaits. Il peut probablement aussi s’arranger à la piscine, de voir des films ou des concerts. Récemment, j’ai lu une interview d’un employé de maison de millionaires qui rapportait que la principale différence dans leur mode était le luxe de temps dont ils disposaient, la liberté de s’organiser comme ils voulaient.
Le travailleur pauvre, tel que la vendeuse d’un magasin, court à la crèche, au travail, appelle le médecin pendant sa pause de dix heures, fait ses courses à midi, son ménage le soir, est toujours à flux tendu et chaque imprévu dans son planning constitue un gros stress.
De plus, sa vie n’est pas vraiment une suite de réalisations intéressantes couronnées de louanges. De nombreuses personnes sont verbalement agressées par leur employeur, les clients ou reçoivent des volées de boulettes de papier, ce qui génère un stress psychologique. A cela s’ajoutent les maladies et les accidents professionnels, le travail de nuit, sur appel, le weekend, etc. Il s’agit souvent d’un rapport de force où l’employeur cherche à tirer le maximum du travailleur. Le refus du travail reflète peut-être une prise de conscience de ces réalités, et pourrait s’étendre aux hommes.
Si certaines femmes préfèrent faire tranquillement leur ménage, aller au fitness et boire un café avec une copine, elles en ont le droit. Elles se respectent peut-être plus que celles qui travaillent des nuits entières pour une publication scientifique ou un projet de marketing d’un objet nocif pour la Planète.
Les enfants
Je dirais que notre civilisation est celle des villages d’agriculteurs. L’homme faisait l’essentiel des travaux des champs, et la femme, souvent enceinte dès l’âge de quinze ans, s’occupait de la ribambelle d’enfants déjà nés. Elle cuisinait, y compris des nombreuses conserves, et confectionnait souvent des habits. Lorsque l’homme rentrait de son travail épuisant, le ménage rudimentaire était fait. Le nombre d’objets tournait autour d’une dizaine. Nous sommes faits pour cette vie, pour vivre en communauté familiale ou de village, pour prendre le temps et s’occuper de nos besoins essentiels. Ces gestes ancestraux coulent de source.
Je suis convaincue que les enfants profitent de la présence de leur mère les premières années. Je dirais qu’ils devraient toute la journée avec celle-ci, avec un minimum de séparations, jusqu’à trois ans, Ils devraient toujours bénéficier d’une réponse bienveillante de la mère à leurs demandes. Le célèbre psychiatre français Cyrulnik estime qu’un attachement correct à la mère pendant les premières années est une des clés de l’équilibre psychique (lien). Nous savons tous que les chiots séparés trop tôt de leur mère sont nerveux et en manque d’affection toute leur vie, et cela pourrait être vrai pour nos enfants. Le stress de la mère se transmet à l’enfant, si prend son temps, celui-ci est détendu. J’ai proposé une société plus harmonieuse pour les enfants dans un blog ancien.
Actuellement, en Suisse nous observons une forte augmentation d’hyperactivité chez les enfants, et de dépressions chez les adolescents. Le travail des mères est un des changements qui pourrait y contribuer, les réseaux sociaux sont aussi suspectés. Une étude suisse associe l’enfance en crèche à une augmentation d’hyperactivité, d’angoisses et de mauvais comportements (20minutes). L’auteur de l’étude, Denis Ribeaud (rapport, publication) m’a précisé que les effets négatifs sont moins marqués chez une maman de jour, et auprès d’une personne connue de l’enfant, et que la présence des grands-parents est aussi sécurisante que celle des parents.

Le soin des enfants ainsi que le travail domestique constituent une charge réelle et suffisante. La personne au foyer contribue à l’économie domestique en faisait le ménage, la lessive, les conserves, les réparations d’habits et d’autres objets, les échanges des surplus avec autres villageois dans une situation similaire. A mesure que les femmes travaillent plus, les plats préfabriqués avec de l’émulsifiant et de la graisse de palme envahissent le foyer dans leurs barquettes plastique. La journée d’une ménagère -type, ayant plusieurs enfants, comporte de nombreuses tâches utiles et constitue un travail à plein temps, qui rend l’investissement professionnel du mari possible.
Aujourd’hui, beaucoup de mères de jeunes enfants travaillent à perte, payent la garde d’enfants, les trajets et les impôts pour garder un pied dans le monde du travail et un emploi plus tard. Dans le monde actuel, elles ont raison car il est très difficile de trouver du travail après la quarantaine, par contre les personnes déjà en place y restent généralement. Il faudrait peut-être des garanties de réengagement après un arrêt, une interdiction de discrimination par l’âge, ou un revenu minimum pour les personnes hors d’emploi.
Egalité et Planète
Je n’adhère pas du tout à l’idée que le compagnon doit être plus efficace ni plus âgé. Par contre, les tâches ménagères, les soins aux enfants et aux parents handicapés sont des occupations tout aussi valables que le travail salarié, ces activités sont essentielles au fonctionnement de la société alors que de nombreux emplois actuels ne le sont pas. Elles doivent être valorisées et non pas dénigrées.
Certes, le travail des femmes a beaucoup contribué à l’égalité. Au 19ième siècle les femmes n’étudiaient pas et peu de personnes pensaient qu’elles en étaient capables. Elles se sont révélées très compétentes dans la plupart des métiers. Elles avaient peu de droits. Il n’y a pas si longtemps, les femmes étaient battues par leur mari et n’avaient aucune issue. Traditionnellement, l’homme décidait de tout mais ce n’est pas automatique si la femme reste à la maison. Le salaire du mari peut être automatiquement partagé en deux, il peut employer sa femme pour la garde des enfants et le ménage, ou la personne au foyer pourrait toucher un revenu minimum. Des lieux de rencontres devraient être mis en place pour qu’elles ne soient pas isolées. Le droit des femmes à l’emploi doit bien sûr être maintenu. Il faut cependant garder à l’esprit qu’en Europe, les citoyens ont aussi droit à ne pas pas travailler s’ils en ont les moyens.
Aujourd’hui, la vie sur Terre est en danger. David Graeber, auteur de bullshit jobs, dit que nous détruisons la Planète pour satisfaire nos égos (lien). La diminution du temps de travail total de la population suisse est une des meilleures solutions pour sauver la vie sur Terre (étude ETHZ). Alors, si certaines préfèrent rester à la maison, c’est un pas dans la bonne direction pour la Planète. Elles ne provoqueront pas d’émissions des transports, ni de la construction des lieux de travail. Espérerons qu’ayant le temps, elles recycleront et chineront des habits d’occasion. Elles planteront peut-être quelques fraises au lieu de les faire venir d’Espagne. Nous devons encourager cette voie volontaire menant à une réduction d’émissions de CO2, y compris par des mesures pécuniaires.
Données Swissinfo: https://www.swissinfo.ch/fre/societe/à-l-épreuve-des-faits_les-mamans-suisses-sont-elles-souvent-des-mères-au-foyer-/45354146
Publié le 14 mai 2023 sur le site du journal suisse le Temps
Les inondations
En janvier 2023 la Nouvelle-Zélande a subi des fortes pluies. L’océan alentour était touché par une vague de chaleur marine qui a élevé sa température bien au-dessus des normales. Un mois de pluies sans précédent a provoqué quelques inondations. Puis le 27 janvier, la plus grande ville de Nouvelle-Zélande, Auckland était frappée par les flots à un niveau exceptionnel dans l’histoire du pays (Guardian, Wikipédia).
En février , le Cyclone Gabrielle a porté les destructions à un niveau supérieur. Il a dévasté le Nord de la Nouvelle-Zélande et touché Vanuatu et l’Australie.
A Vanuatu, les pluies torrentielles ont déclenché des glissements de terrain, contaminé l’eau potable et détruit les champs.
En Nouvelle-Zélande, des milliers de maisons ont été inondées ou sapées, les toits des bâtiments arrachés par le vent et de nombreux glissements de terrain ont paralysé l’île Nord. Des milliers de personnes ont été évacuées, d’autres ont fui sur les toits de leurs maisons et des glissements de terrain ont détruit les routes. Les flots charriaient d’immenses troncs arrachés qui rasaient la forêt et tout le reste sur leur passage. Un état d’urgence national a été déclaré. Le gouvernement a déclaré qu’il s’agissait d’un événement sans précédent en Nouvelle-Zélande (guardian).
Les causes climatiques
Le cyclone s’est formé au-dessus de la mer de Coral dont la température dépassait 30°C, après trois années de la Nina qui favorisent ce type de phénomènes dans cette région. Il a déversé l’équivalent de mois de pluie en un seul jour. Il s’agissait d’un événement sans précédent, de la plus grande catastrophe du siècle dans ce pays (nzherald).
Selon l’article actuel de World Weather Attribution, les études d’attribution au changement climatique ont relevé que les précipitations étaient extrêmement abondantes, et qu’elles ont touché des régions montagneuses vulnérables aux inondations. Les modèles climatiques prévoient une exacerbation des pluies intenses d’environ 30% à l’heure actuelle, ainsi qu’un accroissement futur, ce qui rend les inondations plus probables. Cependant, les modèles n’anticipaient pas le déluge qui s’est déversé sur la région, les mesures des stations météorologiques montrent des changements plus importants que ceux prévus par les modèles (WWA). Cela pourrait alors être un phénomène exceptionnel, isolé, ou alors les conséquences du changement climatique sont plus importantes que prévu. Cette dernière explication s’est révélée vraie dans de nombreux endroits dans le monde, le GIEC et l’ONU disent que les effets sont plus graves que prévu. Si c’est le cas, ils pourraient bien s’amplifier aussi plus vite.
Selon le climatologue Kevin Trenberth, les pluies inhabituellement intenses sont dues au réchauffement de l’océan, dont la température était de 3°C au-dessus de la normale. Des telles vagues de chaleur marines ont aussi causé les inondations du Pakistan en été 2022, ainsi que celles de Californie en janvier. Ses travaux confirment que les températures des océans changent à cause du réchauffement global (publi). Il a aussi observé que les régions humides le deviennent plus, la pluie s’y accroît. Il souligne aussi que des précipitations de 10% plus importantes suffisent pour déborder les aménagements existants et pour causer des dégâts (Trenberth).
Dégâts et solutions
Ce cyclone a causé les destructions le plus coûteuses de l’hémisphère Sud, estimées à plus de huit milliards de dollars américains. Bien sûr, de nombreuses maisons individuelles ont été sapées par les flots. La majorité, 70% , appartenait à des indigènes maoris. Ceux-ci ont relevé que les événements météorologiques deviennent de plus en plus cataclysmiques et qu’ils devront quitter leurs terres pour éviter de disparaître dans les tempêtes. Ils ont invoqué l’aide de l’ONU. Les Maoris estiment que leurs droits ne sont pas respectés. Ils besoin de plus de financement et de plus de liberté pour choisir de nouvelles terres et y fonder des agglomérations durables.
L’adaptation au changement climatique dans ce pays devrait inclure des cas de retraite organisée, où les communautés et les biens sujets aux aléas sont déplacés. Elle est en retard, certains subissent déjà des catastrophes climatiques. Le leader du parti Vert Nouveau-Zélandais appelait récemment à accélérer l’adaptation, à dépasser les clivages des partis politiques pour réagir face à ces dangers qui les dépassent (lien). Le gouvernement a alloué environ trois-quarts de milliard de dollars américains dans la réparation des routes, des ponts et des écoles pour permettre au pays de reprendre les activités normales.
Récemment, la route côtière Napier -Wairoa était remise en service, trois mois après sa destruction par le Cyclone Gabrielle (lien). Mais la semaine passée, la métropole d’Auckland était de nouveau inondée, et un état d’urgence a été déclaré.
Je dirais que les Maoris ont raison. Ils ont bien compris ce que l’avenir nous réserve. Les catastrophes se répéteront, s’amplifieront et ils ont raison de quitter les zones menacées pour des lieux plus sûrs. Les côtes des océans sont menacées partout et les vallées de montagne suisses pourraient rencontrer les mêmes problèmes.
Les canicules des dernières années ont aussi eu des graves conséquences sur les écosystèmes de Nouvelle-Zélande. Elles ont apporté des vagues de chaleur marine et fait fondre la moitié des glaces des Alpes du Sud depuis 1950. Historiquement, l’eau atteignait de telles températures une fois en quelques centaines d’années, mais maintenant ces extrêmes se sont succédés plusieurs fois en quelques années. Les petits penguins korora ont souffert de ces changements. Ils ne peuvent pas s’alimenter dans ces conditions nouvelles et succombent à la faim, ce qui a entraîné une forte mortalité lors des années El Nina et des vagues de chaleur marine précédentes. Des millions d’éponges sur les côtes ont blanchi, ce qui signifie une très grave maladie, ou la mort de ces animaux (Victoria U). Les températures très élevées de l’océan en 2023 pourraient bien causer plus de pertes dans ces écosystèmes.