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Le fond de la mer de Sibérie dégèle et libère du méthane qui augmente l’effet de serre.

Au nord de la Sibérie, la mer recouvre une plateforme de terre gelée depuis des millions d’années.  Ce permafrost sous-marin contient des zones dégelées, des taliks.  Il peut être dégelé par l’eau en surface ou par des infiltrations d’eau de mer salée.

Natalia Shakova, Igor Semiletov, Oleg Gustafsson et leur collègues ont voulu vérifier directement si le fond de la mer Arctique est gelé en profondeur. Ils ont prélevé des carottes de terre de plusieurs mètres et les ont analysé. Les sédiments contiennent des couches de sable, d’argiles, et des restes de végétaux des époques passées.  Ces différentes couches contiennent une proportion variable de carbone, qui pourrait passer dans l’atmosphère et augmenter l’effet de serre.

Ils ont prélevé des nouveaux échantillons et les comparé à 4 carottes de 1982-1983, dans une zone côtière où l’eau a deux mètres de profondeur. A cette époque,  quelques (3 à 8) mètres supérieurs de sédiments sous-marins étaient dégelés. Ils ont probablement dégelés lentement au cours de milliers d’années. Depuis cette époque, en 30 ans environ, le permafrost sous la mer de Sibérie a dégelé sur quelques mètres supplémentaires (4,4 m environ).

https://www.nature.com/articles/ncomms15872/tables/1

Les scientifiques ont observé au fond de la mer des nombreuses structures qui indiquent la fonte du permafrost sous-marin, et la migration de gaz vers la surface.

Le permafrost près des côtes dégèle vite. La mer a aussi avancé de 180 m dans cette zone, probablement à cause du dégel et de l’érosion. Ce processus est plus lent, présent aussi dans les zones plus profondes de la mer de Sibérie.

Les auteurs ont aussi vu des structures géométriques au fond de la mer qui apparaissent souvent lors de la fonte du permafrost.

https://www.nature.com/articles/ncomms15872/figures/4

https://www.nature.com/articles/ncomms15872/figures/5

Ces structures de fonte sont visibles au fond de la mer à plusieurs endroits. Elles font penser que la fonte du permafrost sous-marin est un phénomène général à grande échelle.

La fonte du permafrost déclenche souvent la fermentation de restes végétaux anciens et la libération de méthane.  Des bulles de méthane sont bien visibles au fond de la mer de Sibérie.  Le dégel permet la migration de gaz en surface. Les scientifiques ont aussi vu des trous par où le gaz s’est récemment échappé.

Le permafrost sous-marin dégèle et s’érode plus rapidement que le permafrost terrestre.  Cela peut déclencher le dégagement de méthane du fond marin. Il pourrait y avoir d’importantes quantités de méthane à cet endroit. Les scientifiques observent des champs de plus en plus grands de bulles de méthane (env 1 km2 en 2014) qui se dégagent du fond marin.

 

https://www.nature.com/articles/ncomms15872

L’origine du méthane n’est pas claire. Ce gaz pourrait provenir de la fermentation de restes végétaux enfouis dans le permafrost. Il se trouve aussi dans le fond marin sous forme de cristaux d’hydrate de méthane, dont le méthane se dégage dès que la température monte. Enfin, au moins une fontaine  de gaz de plusieurs mètres de diamètre, provenant d’une profondeur d’au moins 50m de sédiments, a été observée dans la région. Ce gaz contenait de l’hélium et de l’argon, et pourrait être d’origine géologique.  Le sous-sol sibérien pourrait contenir d’énormes quantités de gaz, et le dégel du permafrost pourrait permettre son passage dans l’atmosphère.  Actuellement des milliers de collines-bulles de méthane germent en Sibérie et dans la mer de Sibérie. Pour donner un ordre d’idées, une estimation a établi que la fonte de 3 m superficiels de permafrost causerait le dégagement de 50 Gt de méthane et une augmentation de la température planétaire de 2°C, le professeur Shakova parlait de décennies.   Mais le méthane pourrait migrer lentement des profondeurs vers la surface, toutes les estimations seraient à réviser, le réchauffement pourrait même être plus important.

La glace sur la mer Arctique a atteint son minimum cette année, elle est fine et fragile après la chaleur de l’année 2016 et pourrait fondre beaucoup cette année.

Lorsque la mer Arctique est libre de glace, le méthane qui s’échappe du fond marin atteint l’atmosphère (Shakova) et constitue un gaz à effet de serre puissant.

Lorsque la mer Arctique sera libre de glace, sa surface sombre absorbera plus de chaleur. L’eau se réchauffera (Thomas Stocker, pers. comm) et pourra causer une fonte accélérée du permafrost.

Un courant chaud s’engouffre maintenant de l’Atlantique dans la mer Arctique et peut contribuer à dégeler le permafrost.  Des vagues d’air chaud balayent l’Arctique et font fondre la glace.

Cette étude montre que le permafrost sous-marin dégèle. Il a dégelé sur environ 4 m de profondeur en 35 ans près des côtes. La température de la planète a déjà augmenté depuis cette étude et la fonte pourrait déjà être plus rapide.  D’autres travaux ont montré que le dégagement de méthane augmente. Le réchauffement de l’atmosphère,et la fonte de la glace pourraient accélérer le dégel du permafrost et le dégagement de méthane, causer une augmentation brusque de la température de la Planète, suivie d’un contre-choc de feux de forêts et fonte de glace qui entraîneraient un réchauffement supplémentaire.

Le réchauffement de la planète s’accélère à un rythme sans précédent

Ci-dessous lien sur un article détaillé basé sur une interview de Gavin Schmidt de la NASA.

‘Les données actuelles suggèrent que le réchauffement pour le siècle à venir sera au moins 20 fois plus rapide que présentement.’

Le réchauffement de la Planète s’accélère, entre autres à cause de rétroactions positives comme la fonte des glaces et du permafrost. Au 21ème siècle le réchauffement pourrait être 20 fois plus rapide qu’au précédent (Gavin Schmidt, NASA). Soit 10 ou 15°C? Cette époque chaude commence de façon bien plus rapide que les précédentes, la nature n’a pas le temps de s’adapter et le changement risque d’être d’autant plus brutal.

https://www.wsws.org/fr/articles/2016/sep2016/rchf-s12.shtml

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La mortalité augmente vite avec la température

Le réchauffement provoque une augmentation de température de la Terre, des vagues de chaleur de plus en plus intenses frappent la Planète, de nombreux records de chaleurs ont été battus en 2016 et continuent en 2017.

L’Inde en particulier est frappée par des vagues de chaleur fortes et qui s’accentuent. La mortalité pendant les vagues de chaleur augmente vite avec la température. Un demi-degré de plus cause 146% de morts en plus pendant les vagues de chaleur.

Les températures ont encore augmenté depuis cette étude, et la NASA s’attend à une accélération du réchauffement. Des vagues de chaleur de plus en plus graves pourraient frapper l’Inde et de nombreux autres pays, et entraîner des graves conséquences.

http://news.trust.org/item/20170619150153-rgt64/

 

Dégagement massif de méthane des fonds marins d’ici une trentaine d’années

 Un article paru dans la prestigieuse revue Nature il y a quelques mois décrit l’émission de méthane des fonds marins. Les auteurs  étudient la diffusion du gaz et la circulation des fonds océaniques. Ils concluent qu’avec un léger réchauffement, l’émission de méthane peut fortément augmenter . Les auteurs estiment que 60Gt de méthane pourraient être émises en 30 ans.
Le méthane émis peut se dissoudre dans l’eau de l’océan . S’il est émis à faible profondeur, sous pression, les bulles de méthane arrivent directement à la surface.
Sur quelle profondeur se base l’estimation de 60 Gt de méthane ?
Le méthane dissout dans l’eau peut être dégradé par des réactions chimiques ou des bactéries méthanotrophes (se nourrissant de méthane). Par contre, si les bulles parviennent à la surface et dans l’atmosphère, elle augmenteront fortément l’effet de serre.  Cela peut faire monter la température de la Planète de 2-3 degrés. La météo serait bouleversée,  par exemple par  d’immenses tempêtes et inondations  qui paralyseraient notre civilisation.
L’auteur de l’article travaille déjà aux technologies de captage de carbone.

Captons le CO2 cette année déjà!

La conférence COP21 de Paris s’est conclue par la résolution de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C pour raisons de sécurité. Au-delà, le changement climatique risque de devenir incontrôlable. Or nous approchons dangereusement de cette limite. En 2016, le réchauffement a atteint 1,2°C et des effets tels que la mort des forêts tropicales, la fonte du permafrost et de la glace arctique, qui ont un effet aggravant sur l’effet de serre, semblent déjà se mettre en branle.

Le réchauffement est déjà le problème le plus important du 21ème siècle. Le climat de la plupart des régions de la Planète va changer et toutes les cultures agricoles seront touchées. 80% des processus des écosystèmes sont déjà touchés et cela va s’aggraver rapidement, si bien que la connaissance du climat sera primordiale à la recherche agricole. Un des grands experts du climat, James Hansen, calcule que le niveau des mers va s’élever de plusieurs mètres au cours de ce siècle, ce qui conduirait à l’inondation de la moitié des terres actuellement cultivées. Les glaciers Antarctiques et du Groenland semblent attaqués par l’air et l’océan plus chauds. Des icebergs de plus en plus grands s’en détachent et annoncent l’effondrement de plate-formes glaciaires et une importante montée du niveau de la mer. Le niveau des mers s’élève et ses effets se font déjà sentir En 2016, le delta du Nil et du Mékong, importantes régions agricoles, souffraient d’infiltrations d’eau salée. Ces zones fertiles vont probablement être effacées de la carte du monde par la montée des eaux. Selon le modèle de James Hansen, la fonte de glaces importante qui provoquera cette montée du niveau de la mer évitera une trop forte montée de température sur la Planète pendant quelques centaines d’années, mais une hausse de température, des vagues de chaleur, et des périodes de quelques années plus chaudes sont probables.

L’agriculture est aussi menacée en Suisse. L’augmentation de température est plus importante au milieu de continents, et la température lors de vagues de chaleur peut augmenter de plusieurs degrés. La végétation réagit déjà à ces changements : Les périodes de germination et de floraison ont avancé de près d’un mois, les pollinisateurs ne sont pas toujours présents au moment de la floraison. Le cycle annuel des arbres fruitiers sera perturbé et bien de fruits, ainsi que la vigne, sont menacés. Chez les espèces sauvages, la pression du changement climatique provoque une sélection et un appauvrissement génétique, signal d’alarme qui annonce la disparition de nombreuses espèces.

L’agriculture se heurtera bientôt à un double défi : s’adapter aux changement climatique continu, et le limiter ou le résoudre en transformant le carbone de l’atmosphère en matériau utile, tel que le bois ou les fibres végétales. Le troisième défi consistera à nourrir les populations dont les terres seront inondées ou soumises à des chaleurs extrêmes.

Nous devons sauvegarder des terres agricoles fertiles pour les générations futures. Aujourd’hui, nous devons aussi capter le carbone et éviter l’emballement du réchauffement climatique.

L’atmosphère terrestre primitive était composée en grande partie de gaz carbonique. Les algues et les plantes se nourrissent de ce carbone et en font leur corps, et ont rejeté l’oxygène que nous respirons. Les plantes peuvent assimiler le gaz carbonique et limiter l’effet de serre.

Nous pouvons capter le carbone atmosphérique en plantant des arbres et plusieurs autres végétaux. Nous pouvons limiter l’effet de serre en 2017 en plantant des arbres, et plusieurs autres végétaux annuels, en fauchant fréquemment les prairies et stockant la matière sèche produite. Nous pouvons capter le carbone sous forme de noix, pommes séchées, tubercules, légumineuses qui fertilisent le sol, et développer l’utilisation de la biomasse végétale dans la construction et l’industrie. L’utilisation du bois pour la construction, l’emballage, les objets de tous les jours est souhaitable. Les applications de fibres telles que chanvre et le lin pourrait être développée. Et il est crucial de le faire avant que le réchauffement ne s’emballe et ne mette en danger les cultures agricoles, les prairies et les forêts. Nous devons favoriser la production de la biomasse végétale et développer ses utilisations durables maintenant.

Nous pouvons aussi réduire le nombre de vaches qui contribuent malencontreusement au réchauffement. Nous pouvons adapter aux réels besoins du pays, sans subventionner une surproduction inutile, polluante et donc dangereuse pour notre avenir, ni une surconsommation qui cause l’obésité et le cholestérol.

Et c’est extrêmement urgent. Nous devons mettre en place ces solutions végétales tant que le climat y est encore favorable.

L’augmentation des émissions de carbone provient des feux de forêt et de la déforestation

Les émissions de carbone augmentent toujours. Les émissions de l’industrie semblent à peu près stables, et l’augmentation est maintenant due aux changements d’usage des terres, aux feux de forêts, et à la perte de carbone des sols. Les sols perdent leur humus et leur matière organique et se désertifient graduellement.

Les forêts tropicales souffrent du réchauffement et sont en danger.

L’afforestation et les pratiques agricoles qui restaurent la fertilité du sol sont une priorité.

Le réchauffement perturbe le Vivant

Le réchauffement actuel perturbe 80% des processus écologiques essentiels pour la santé des écosystèmes marins, terrestres et d’eau douce.

L’ampleur des changements observés est époustouflante (IUCN). La diversité génétique des cultures diminue, les migrations des oiseaux sont perturbées, la taille de nombreux animaux diminue, la thermorégulation et la longueur des ailes des oiseaux change.

Les espèces des régions tempérées bourgeonnent et fleurissent plus tôt au printemps. la diversité génétique des cultures diminue (ce qui les rend plus vulnérables dans le futur).  Les rendements deviennent hasardeux, les rendements des fruits diminuent parce les hivers sont trop doux, la pêche est moins productive et tous ces effets menacent la sécurité alimentaire humaine.

L’émergence et la distribution de nouveaux pathogènes (Zika, chikungunya, dengue) est une menace directe pour la santé humaine.

Les espèces tropicales se répandent dans les régions tempérées et les espèces boréales dans les régions polaires.

http://www.lapresse.ca/environnement/dossiers/changements-climatiques/201611/10/01-5039986-le-rechauffement-perturbe-quasiment-tous-les-aspects-de-la-vie-sur-terre.php

http://www.takepart.com/article/2016/11/11/climate-change-already-altering-our-genes?cmpid=tpdaily-eml-2016-11-11

les 2 articles sont basés sur l’article de Science:http://science.sciencemag.org/content/354/6313/aaf7671.abstract